Noël autrefois

La Saint Nicolas préfigurait toujours les fêtes de Noël : « Saint Nicolas, patron des écoliers, apportes-moi du sucre dans mon petit panier, je serai sage comme un petit agneau… »

A la maison, on préparait une grande lessiveuse, remplie de sable, on allait chercher une grande branche chez des voisins qui avaient des sapins et on plantait cette branche dans la lessiveuse et puis après on décorait notre sapin. Je me rappelle d’un Noël, cette année-là c’était mon mari qui faisait le père Noël, et mes enfants ne le savaient pas, personne ne le savait. Tous les enfants l’embrassaient et une de mes filles, qui devait avoir 4 ans, l’embrassa plusieurs fois également et revint me voir : « Maman, je veux encore embrasser le père Noël ». Alors elle retourne le voir, met ses deux mains sur ses genoux et lui dit : « Père Noël, je t’aime bien parce que tu as les mêmes yeux que mon papa ».

Noël, c’était une grande réunion de famille avec tous les cousins et ma grand mère, c’était elle qui commandait. On avait un sapin immense parce que mon père était pépiniériste…

Quand j’étais enfant, nous on n’avait pas de sapin, mais le père Noël on y croyait ! On savait qu’il existait, qu’il venait. A cette époque on avait des sabots pour aller à l’école ; il fallait les enlever et mettre les pantoufles pour rentrer dans l’école. Le soir de Noël, on mettait le sabot devant la cheminée et on y mettait une orange, pour le père Noël. Et après, le père Noël venait et quand il était passé on avait des chocolats, de bons chocolats. Après, en grandissant on faisait semblant d’y croire ! Moi j’étais la plus jeune, mes sœurs, elles, pendant la guerre elles n’avaient pas été très gâtées, parce que c’était dur, mais moi j’étais très gâtée.
Mais surtout, Noël, c’était la crèche. Quel bonheur c’était de la préparer, de disposer Marie, Joseph, le bœuf et l’âne. Et après d’attendre le petit Jésus… Parce qu’à la maison nous étions très croyants, et le plus important à Noël c’est l’arrivée du petit Jésus. Plus tard, quand même, je me suis posé des questions sur la crèche. Marie, elle a été choisie, Jésus c’est le fils de Dieu, bon, mais Joseph ? Qu’est-ce qu’il fait là ? A quoi il sert Joseph ? J’ai même posé la question à un prêtre, et il n’a pas su me répondre !..

A 15 ans, pour Noël, je préparais le chocolat au lait. Je savais très bien le faire. Et c’était moi qui remplissais les souliers ; vu que j’étais le seul à travailler, j’achetais des bonbons, des chocolats et c’était moi le père Noël !

On mettait les souliers devant la cheminée et on avait toujours une mandarine énorme, du chocolat et un cadeau. Pour les filles c’était souvent une poupée et pour les garçons un train électrique. Et il fallait surtout aller à la messe de minuit, deux ou trois kilomètres à pied, avant d’avoir les cadeaux. Le lendemain, il y avait un repas avec des huitres à chaque fois.

Moi j’avais une marraine qui était venue de Paris habiter dans ma famille, à Hasparren, avant que je naisse. Je ne l’ai que très peu connue car elle est très vite repartie. Je ne l’ai revue qu’une fois dans une grande fête de famille. Mais toute mon enfance elle m’a envoyé pour Noël des cadeaux que jamais je n’aurais eu autrement. C’étaient toujours de très jolis cadeaux, je me souviens surtout d’une petite machine à coudre…

Avant les fêtes religieuses (Noël, Pâques…) on recevait la visite des pompiers, dans toutes les maisons, ils nous souhaitaient du bonheur et on leur faisait de petits cadeaux. Après, le facteur s’y est mis… Et nous à Hasparren on avait aussi « le galérien » ; il était allé au bagne pour avoir fait de la fausse monnaie, tout le monde le connaissait, il y avait même une chanson sur sa vie ; alors on lui donnait des œufs, ou ce qu’on avait…

 

Ginette, Evangeline, Jean, Gratien, Paulette et Yvonne
(EHPAD Larrazkena – Hasparren)

[Total: 1 Moyenne: 4]


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.