Les soirées dʼhiver dans les années 45-50

Les journées dʼhiver sont si courtes que le soir, il fallait encore travailler au coin du feu. Les chats eux, regardaient rougeoyer les charbons, tandis que des brassées dʼosiers récoltés dans la journée attendaient dʼêtre ébranchés et triés :
– les plus gros, jaunes, pour lier les cèpes de vigne et fabriquer les «cauyoles» (cages à volailles) ;
– les plus fins, rouges, pour attacher les sarments des vignes, pour racler les boyaux à saucisse du porc gras ou pour servir de lien. 
Nous mettions le rebut au feu qui flambait haut, les chats reculaient, la pièce sʼéclairait et se réchauffait. 
Un autre travail consistait à trier les haricots tarbais, la lumière chiche, camouflée aussi à cause du couvre-feu pendant la guerre, ne facilitait pas cette occupation monotone.
Nous nʼavions pas la radio. Jʼaurais bien aimé lire, mais il nʼétait pas question dʼesquiver le programme. Une certaine torpeur nous gagnait à la longue. Nous rangions tout et allions nous coucher.
[Total: 1 Moyenne: 3]


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.