Le retour de Papa

Fin 1939 :déclaration de guerre, mobilisation . Mon papa est mobilisé et doit nous quitter, maman et moi. Nous sommes un peu « KO » ; je crois que je ne réalise pas vraiment. Mais papa nous dit « au revoir » : déchirement. Le vie doit continuer ici, accompagnée au quotidien de l’angoisse : que va-t-il se passer ? Quand papa va-t-il revenir ? Une illusion voulait que la guerre fut courte. Illusion qui ne dura guère.

Première intrusion de visu de la guerre dans notre maison. Papa revint, en militaire, pour une courte permission. Et il me montra son équipement et en particulier un masque à gaz que je pris en horreur. Courte rémission il fallut de nouveau repartir. Là les affaires sérieuses commencèrent et les soucis s’amplifièrent. C’était la vraie guerre. Je n’en savais pas grand chose et je ne pouvais imaginer… jusqu’au jour où nous arriva une triste nouvelle : papa avait été fait prisonnier. A vélo, en plein hiver, du haut de mes 4 ans, j’accompagnais maman pour annoncer la mauvaise nouvelle. Il faisait très froid, nos cœurs étaient très serrés.

Vint alors la captivité. Horrible période qui marqua ma vie. Tous les jours nous attendions des nouvelles. Elles étaient rares et pas joyeuses du tout. Maman pleurait souvent et longtemps à leur réception. Elles nous permirent cependant de suivre un peu papa, de stalag en stalag. Il traînait le matricule qu’on lui avait attribué comme s’il était une bête. Il souffrait et maigrissait car la nourriture était réduite au strict minimum et les conditions climatiques étaient dures.

Et arriva ce qui devait arriver : il tomba malade. Nous apprîmes la nouvelle avec consternation et très grande peur. Qu’allait-il devenir ? Le soignerait-on ?

Nous avions très peu de nouvelles et donc très peu d’informations. Et maman pleurait, pleurait très souvent.

Et l’état de santé de papa se dégrada. Son poids ne cessait de diminuer pour tendre vers les 40 kgs ; ici à la maison c’était très dur et malgré tous les efforts de maman pour me cacher sa peine, son souci, je comprenais qu’il pouvait arriver des chose graves. Cette période insupportable dura une éternité.

Elle prit heureusement « presque » fin quand nous apprîmes que papa allait être rapatrié à Lyon, à l’hôpital des Genettes. « Presque » car le pronostic des médecins de cet hôpital était plus que réservé.

Heureusement la santé de papa s’améliora peu à peu et un jour on nous annonça qu’on allait nous le rendre. Cet instant fut pour moi un instant de bonheur intense. Restait à attendre. Maman et l’oncle de papa partirent le chercher à Lyon. Moi j’attendais avec une impatience grandissante.

Et puis un jour, dans la cour devant la maison, je vis arriver une voiture noire. J’étais là ,la regardant ,comme pétrifié. La portière s’ouvrit, je vis un « bolide » en sortir et je me retrouvais dans les bras de mon cher, très cher papa.

La vie recommença alors, différente. La santé de papa s’améliorait, maman retrouvait sa sérénité et moi je retrouvais mon papa adoré.

A dater de ce jour et jusqu’à son décès il m’a toujours entouré et montré le sens des vraies valeurs de la vie.

POUR TOUT CELA MERCI MON PAPA.

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