La vie de mes grands parents à la 2eme guerre mondiale

Ma grand-mère Madame Jacqueline COLLENOT née le 22 avril 1922 me raconte ses souvenirs de la 2ème guerre 

« Nous habitions à Paris près des gares du Nord et de l’Est avec ma mère Mme Raymonde  MERY ; j’avais perdu mon père avant mes 10 ans. Mais ma mère a dû déménager avec ma sœur mon frère et moi, parce que mon frère avait besoin d’une école commerciale qui n’existait qu’à St Etienne ou Nantes. Ma mère a choisi Nantes au climat plus doux.

         Le 16 mai 1940 les Allemands étaient à Nantes. Notre école étant aussi un lycée avec des pensionnaires couchant dans des dortoirs au dessus des classes, fut immédiatement « réquisitionnée» c’est-à-dire réservée à l’armée allemande. Les premières et terminales nous étions en période d’examens : aussi pour entrer au lycée, nous avons dû nous faire faire des permis dits « AUSWEISS », avec notre photo, que nous montrions tous les matins et après-midi pour suivre les cours. Les autres élèves plus jeunes avaient été renvoyées chez elles.

Pourrions nous passer le bac ?

Après plusieurs jours d’hésitations nous avons passé l’écrit sur place. J’ai été reçue, mais il restait l’oral à passer. Plusieurs jours après on nous a annoncé que l’oral n’aurait pas lieu.

Pendant ce temps, les Allemands logeaient au lycée, allaient en ville, et revenaient avec 500g de beurre qu’ils mangeaient comme des glaces ! Nous sommes retournés à Paris quand les trains se sont remis en route…

 

 Mon grand-père me raconte aussi ses souvenirs de la deuxième Guerre mondiale.

 

Mon grand père René COLLENOT qui était entré dans l’école militaire de Saint Cyr en 1938, a été mobilisé à 19 ans à peine avec les hommes de Cherbourg, des réservistes, qu’il commandait. Après plusieurs jours de voyage en train dans des wagons à bestiaux (à 40 hommes par wagons), il s’était retrouvé avec sa troupe au sud de Verdun. Après avoir marché pendant plusieurs semaines, ils étaient parvenus jusque derrière la « ligne Maginot » avec son « commando ». Ils avaient attaqué les quelques Allemands qui gardaient la frontière Franco-Allemande et avaient ramené un mort, un blessé et un valide, après être passé difficilement par des défenses, composées de fils de fer barbelés enroulés sur eux-mêmes qui piquaient de partout. Après le 10  mai, les Allemands les ont poursuivis en camion, avec des avions qui volaient au-dessus pour surveiller les manœuvres. L’un d’eux a blessé René à la jambe.

Il n’avait pas mangé depuis 2 ou 3 jours, n’ayant plus de cantine !

C’était le 15 mai et il s’est réveillé après un coma le 17 à l’hôpital de Sedan, dans la chapelle, couché sur de la paille et prisonnier de guerre…

René et plusieurs soldats français ont été examinés par un docteur allemand. Comme, René avait, en plus de la jambe cassée, 72 éclats de grenade (des grenades qu’il s’apprêtait à lancer contre les Allemands) reçus dans la poitrine, le docteur le déclara «Kaput » c’est-à-dire « inutile à soigner ». René, connaissant la langue allemande et la parlant couramment put lui répondre que les « Conventions de Genève » l’obligeaient à s’occuper de lui comme « officier » !

Les Allemands s’occupèrent de lui, l’amputèrent au-dessous du genou. Mais étant resté 2 jours sur le sol dans la campagne et au soleil, la gangrène gagna son genou et il fut amputé de nouveau du genou quelques jours après. En même temps, il fit une pleurésie purulente.

En septembre, en convalescence à Arlon en Belgique une ambulance de la Croix Rouge est venue le chercher pour le ramener à Paris : il a fait trois hémorragies dans le voyage car les routes étaient déformées. Il est arrivé exsangue au Val de Grâce (hôpital militaire de Paris) !

Il venait d’avoir 20 ans ! Prisonnier encore jusqu’à l’été 1941, il fut transféré  à l’hôpital « Begin » à St Mandé tout près du domicile de ses parents. 

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