L’école d’autrefois racontée aux enfants

5 résidentes de l’EHPAD Jeanne Elisabeth d’Igon son venues rendre visite  aux élèves (grande section et CP) de l’école Sainte Elisabeth d’Igon, ce fût pour eux l’occasion de poser quelques questions sur l’école d’autrefois et de chanter. Un vrai moment de partage !

 

A quel âge êtes-vous allé à l’école ? A quel âge était-elle obligatoire ?
5 ans, 3 ans, elle était obligatoire à partir de 5 ans.

Dans quel village se trouvait votre école ?

  • Benejacq, école notre dame
  • Gomer
  • Ecole Sainte Philomène à Limoges
  • Mirepeix

Comment alliez-vous à l’école ?
A pied (En cœur !), 20 minutes de marche pour l’une, 100 mètres pour une autre

Combien y avait-il d’enfants dans la classe ?
Madame Bénéjacq : Une trentaine
Mado : A Gomer nous n’étions que 10, nous avions de la chance, les grands s’occupaient des petits.

Y avait-il des garçons et des filles ?
Mado : comme nous n’étions que 10, nous étions tous ensemble
Madame Larousse : A Mirepeix nous étions séparés.

Est-ce que la classe était grande ?
Mado : Non, pas plus grande que celle où nous nous trouvons.

A quelle heure commençait et terminait la classe ?
Mado : Les horaires étaient les suivants : 8h30-11h30 et 13h30-16h30, nous avons ensuite 1/2heure pour goûter puis une heure d’étude pour ceux dont les parents travaillaient.
Madame Soubestre : Cela nous permettait de faire nos devoirs et encore nous n’avions pas terminé en rentrant à la maison, on en avait tellement, on nous donnait beaucoup de travail le soir. Je me rappelle une fois que nous avions eu jusqu’à 3 problèmes, c’était beaucoup, on s’endormait dessus. J’avais une dizaine d’années.
Mado : moi, je n’allais pas à l’étude car on devait garder les oies, les poules et les canards, on faisait les devoirs en plein air ou sur le chemin.

Quel était le jour où vous n’aviez pas école ?
Les résidentes : Le jeudi
Les enfants : Nous, c’est le mercredi, le samedi et le dimanche.
Les résidentes : 3 jours ?!
Mado : Le samedi nous allions à l’école mais l’après-midi, nous faisions des travaux manuels.
Madame Soubestre : Dans mon école, le mercredi matin, il y avait dessin, comme ça, ça ne prenait pas le temps sur les cours. Nous n’avions pas beaucoup de temps libre.

Y avait-il une garderie ?
Madame Bénejacq : Oui, le dame s’appelait Axelle à Bénéjacq, elle était très gentille.
Mado : A Gomer non, mais il y avait plein de choses à faire à la maison
Madame Larousse : A Mirepeix non plus
Chantal (l’animatrice) : d’où la différence entre les écoles primaires et les écoles laïques

Mangiez-vous à la cantine ?
Madame Soubestre : Il n’y avait pas de cantines, je rentrais à la maison à 11h30. Nous avions juste le temps de manger.
Luce : Si nous ne pouvions pas rentrer, on amenait ce qu’il fallait et la sœur de la maîtresse s’occupait de nous.

Portiez-vous un tablier ?
Ah oui, on allait à l’école en tablier et on l’enlevait en rentrant pour qu’il soit propre pour le lendemain et les chaussures aussi.

Est-ce que les maîtresses étaient sévères ?
Madame Bénéjacq : Elle était sévère mais on l’aimait beaucoup, ce n’est pas parce qu’elle était sévère qu’elle n’était pas gentille
Mado : Moi, elle était gentille
Luce fait le geste de sa main « comme ci comme ça », et dit  : ça dépendait si on était sage ou pas sunon elle disait « au coin »

Aviez-vous des maitres ou des maitresses :
Il y avait beaucoup de maitresses et pas de maitres

Un enfant : Les maitres sont qu’au collège ! (rire)

Que faisiez-vous après l’école ?
Mado : J’aidais à la ferme, il y avait des oies et des canards, il puis il fallait aussi aider à mettre le couvert pour manger. Je n’ai pu le faire qu’un certain temps, car après je suis restée alitée, j’étais en vacances obligées.

Vous n’aviez pas le droit de jouer ? Il fallait travailler ?
Mado : Nous n’étions pas oublier de travailler mais comme ça maman pouvait s’occuper de faire le repas et de faire ce qu’il fallait, papa s’occupait du bétail.
Madame Soubestre : J’avais des devoirs le soir avec ma sœur jumelle, nous nous entraidions et nous trouvions toujours la solution. Je me souviens, un jour ma sœur et moi avions cherché un bon moment et nous n’avions pas trouvé. Ma sœur, en pleine nuit, avait trouvé la solution.
Madame bénéjacq : elle était studieuse !
Madame Soubestre : ce sont des choses qui restent gravées toute notre vie dans la mémoire.

Faisiez-vous de l’occitan, de l’anglais et de l’espagnol comme nous ?
Madame Soubestre : anglais et espagnol mais plus tard
Mado : C’était défendu de parler béarnais
Madame Bénéjacq : J’adorais parler patois, mais un jour à la récré, la maitresse était à la fenêtre, elle m’a entendu elle m’a appelé et m’a fait un reproche.
Mado : Il fallait parler français, car il parait que sinon on le déformait
Madame Bénéjacq : C’est ce que m’avait dit la maitresse : « vous ne savez pas parler le français et vous parlez patois ! »
Mado : Et pourtant il y a des mots béarnais qui aident en orthographe !
Madame Bénéjacq : Et surtout pour le latin ! Par exemple « côte » en français, donne « costa » en latin, le mot « fête » fait « hesta ». C’était bien pour l’orthographe.

Vous parliez béarnais à la maison ?
Madame Bénéjacq : Mes parents parlaient entre eux, mais nous, nous parlions français.
Mado : Moi, je parlais Patois, en fait, ça dépendait des parents que nous avions, nous, nous étions obligé, on avait la ferme sur place et tous les voisins parlaient béarnais.

Vous parlez encore béarnais entre vous à la maison de retraite ?
Pas le vrai béarnais, le patois local.

« Aqueros Mountagnos » chanté par tous (Légende et paroles ici)

Faisiez-vous du sport, alliez-vous à la piscine ?
Mado : Il n’y avait pas de piscine, nous faisions de la gymnastique, on sautait à la corde…

Vous avez participé aux lendits ?
Ça n’existait pas encore, ce sont les classes après nous, après la guerre, qui ont participées.

Faisiez-vous des voyages scolaires ?
Mado : Non, c’était après la guerre tout ça !
Madame Bénéjacq : Une fois par an, nous allions à Saint-Jean-de-Luz ou à Biarritz en fin d’année et celui qui le méritait, les parents acceptaient.

Faisiez-vous des dictées ?
Toutes en cœur : Oh Oui !!

Et est-ce que vous aimiez ?
Madame Bénéjacq : Non
Mado : Oui, moi j’aimais, c’est ce qui m’a sauvé du certificat d’études avec l’arithmétique !

Aviez-vous des récréations ?
Oui

Et à quoi vous jouiez ?
A la balle au camp, au ballon, à la corde, aux osselets, au croquet, …

Deviez-vous lever le doigt et vous mettre en rang ?
On levait le doigt et la maîtresse nous interrogeait : « Qu’est-ce que tu veux toi ? »

Vous rappelez vous de vos poésies ?
Quelques-unes !

Le corbeau et le renard de Jean de La Fontaine récité par les résidentes de l’EHPAD

Maîtresse Muriel : Je ne sais pas si dans 20 ans ils s’en rappelleront comme vous !

Mado : Qui aime l’école ?
Tous les enfants lèvent le doigt !

Aviez-vous des cartables comme nous ?
C’était des sacs en étoffe, pour ceux qui allaient à l’école, ceux qui allaient au collège avaient autre chose.

Avez quoi écriviez-vous ?
Un porte-plume et des plumes Sergent Major pour faire les pleins et les déliés. Nous n’avions pas de Bic, on ne connaissait pas. Nous avions des crayons à papier et des crayons de couleur aussi. Et le buvard contre les taches.

Plumes Sergent Major (sources : Wikipédia)

Aviez-vous des livres, des dictionnaires, des cahiers et des classeurs ?
Les classeurs n’existaient pas, nous avions du matériel simple. Nous avions des livres avec des images à côté de la leçon.

Quand vous n’étiez pas sage, aviez-vous des punitions ?
Au coin, dis tourné à la classe ou puni de récréation. Nos maîtresses ne nous donnaient pas de coups de règles sur les doigts. Ou alors nous devions ranger les cahiers des autres ou garnir le poêle à bois.

Avez-vous des souvenirs de vos bêtises ?
Mado : Elles ne m’ont pas marqué !
Madame Bénéjacq : Je ne savais pas faire de division par 9, la maîtresse m’avait donc dit de partir à l’Angélus au lieu de 11h30, mais je ne savais pas quand était l’Angélus, j’étais petite j’avais 6-7 ans ! Quand la maîtresse est descendue vers 13h20 elle me dit : « Je vous avais dit de partir à l’Angélus ! », je n’ai pas osé lui dire que je ne savais pas l’heure de l’Angélus. Elle m’a dit qu’elle ne pouvait pas me faire repartir à cette heure-là et elle m’a faite monter et manger dans son appartement ! C’était gentil, du coup mes parents l’ont remerciée !

Les élèves posent des devinettes ! Dur dur !

Les élèves chantent « Los Pollitos » en espagnol et « Brother John » en anglais

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