Une vie d’entraide et de solidarité

Ce que je garde dans mon cœur et dans ma mémoire de toutes ces années vécues, c’est qu’il y a eu de la solidarité, de l’entraide dans le travail et dans l’ambiance de la vie. Toutes ces personnes avec qui j’ai travaillé, nous avons gardé cette fierté d’avoir fait de notre mieux.

Et quand on voit maintenant, l’importance de l’évolution qu’a connu le système. De l’époque d’avant ou de maintenant le temps est le même, mais la société a changé. Je ne veux pas dire que tout est mal mais il y a beaucoup de choses qui ont été laissées derrière nos ainés, je pense à tout ceux qui ont travaillé et qui nous ont donné l’exemple. Dans un sens, ça a permis de laisser la place aux jeunes.

 Dans le monde actuel on voit que la vie agricole, la vie paysanne, la vie de chacun, est de plus en plus difficile, elle est rude. La consommation, la consommation de l’élevage, la culture maraichère,  n’est plus comme autrefois, on le fait encore mais c’est différent, il n’y a plus ce qu’il y avait autrefois, les valeurs se sont perdues. Je l’ai constaté dans certains journaux, dans des revues. Toutes les ressources de nos petits villages, les mines, le charbon, les minerais, tout ça n’existe plus. C’est comme pour l’agriculture, nous n’avions pas tous ces mécanismes modernes. Avant, il y avait la charrue, la herse, on labourait la terre avec les bœufs, avec les ânes. Seulement les gens qui le faisaient ils ne sont plus en âge de le faire. Et beaucoup de monde est parti pour travailler à la ville. On a voulu faire cette agriculture moderne, mais qu’est ce que ça a fait ? Il y a de la pagaille maintenant. Je peux dire que de tout cœur, je suis fière d’avoir vécu ici avec les camarades et les sœurs, et d’avoir fait ce qu’on a fait par nos propres moyens.

 Les producteurs de lait par exemple, ils revendiquent beaucoup. Avant, on allait chercher le lait à la ferme, on l’achetait comme le veau. Ici c’était la même chose quand il y avait les cochons, on les tuait ici, maintenant on envoie tout dans les boucheries. Admettons qu’on ait voulu améliorer les choses. Par exemple, vous avez le lycée de Montardon, ils vont aller présenter des animaux à Paris pour montrer la valeur de leur travail, montrer la difficulté qu’ils ont de le faire. Alors quand on voit des choses comme la vache folle, la crise du mouton, la grippe aviaire, mais c’est épouvantable toutes ces carcasses brûlées. Mais quelle nourriture leur a-t-on donné à ces animaux là, on a vendu des produits à bas prix quand on a commencé à ouvrir les frontières et on a fait passer tout ce qu’on voulait. L’alimentation de maintenant n’est plus celle d’autrefois. Je vois ici quand il y avait les veaux, quand on commençait a les engraisser on mettait un petit peu de lait avec du maïs et alors après on leur donnait un peu de l’alimentation. Dans cette production qu’est ce qu’ils ont fait ? Les bouvillons, pour les faire grossir maintenant, on les souffle aux hormones. Et après avec toute cette alimentation, il y a eut les vaches folles, mais quand même c’est pas possible qu’une vache soit folle ! C’est comme les poulets, il a fallu les enfermer à cause de cette grippe. J’ai reçu un courrier m’obligeant à enfermer les bêtes mais c’était pas possible dans un si petit enclos, alors de temps en temps je les sortait un peu dehors. Beaucoup d’agriculteurs ont dû se défaire de leurs animaux, il a fallu les incinérer.

 On s’est rendu compte trop tard des effets dangereux de cette agriculture.

 Par exemple cette famille, dans les côtes d’Armor. Ils sont venus chercher les bêtes parce qu’il y  avait une bête malade. Pour une bête malade ils ont dû abattre tout le troupeau. Alors au lieu d’attendre de savoir si les autres étaient malades pour les mettre en quarantaine, ils ont tué tout le troupeau. Quand j’ai vu ça, ça m’a fait mal au cœur ! Un autre, il s’était construit une bergerie toute neuve et on est venu chercher les brebis sans rien lui dire.

L’agriculture disparaît, les terres agricoles disparaissent, et l’autoroute avance, il y a de moins en moins de place pour les visons et le reste des animaux sauvages. Des hectares de terres qui s’en vont. Toutes ces terres qui disparaissent maintenant que les populations augmentent. Les champs de maïs sont dévastés, les vignes sont dévastées, tout ça à cause du changement climatique. On a pas voulu résoudre les choses à temps et constater le dégât qui s’est fait !  Maintenant, on travaille sur la manière de changer tout ça mais c’est un peu tard. La faune et la flore continuent de disparaître. Les  insecticides, comme le Progeant, tout ça tuait les abeilles. Ici, heureusement, on en mettait pas, on utilisait que du fumier et un peu d’azote pour faire repartir les plantes.

Maintenant, c’est le frelon asiatique qui vient tout envahir et détruire les abeilles. C’est à cause des transports de marchandises, qu’on a facilité son arrivée chez nous.

 

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