Un métier, une vie

A) Une jeunesse, au Pays Basque, dans les années 40

 Madame Luro est venue au collège, dans le cadre de l’ODP*, dans le but de répondre à nos questions sur son activité passée dans l’industrie de la chaussure.

Madame Luro est une Haspandare de 76 ans, qui a toujours vécu à Hasparren.

Sa scolarité a été courte. A 14 ans, après avoir eu son certificat d’étude, elle arrête ses études car elle vient d’un milieu modeste. A cette époque, seuls les enfants issus de familles bourgeoises pouvaient se permettre de suivre un long cursus scolaire.

Lors de sa période d’ouvroir*, elle a appris à coudre. Cette période lui a permis de constituer son trousseau*, nécessaire à toutes jeunes filles avant de se marier.

A cette même époque, Hasparren étais un petit village très impliqué dans la fabrication de chaussures de qualité. Il y avait, en ce temps, douze manufactures de chaussures dont l’entreprise Trolliet mais aussi Larre ou Madre, entreprise ou Madame Luro a travaillé. Toutes ces entreprises ont connu de grosses difficultés financières et toutes, sauf l’entreprise Luxat,  ont du fermer leurs portes ou se délocaliser lors de la crise des années 70.

 

Définitions :

*ODP: classe d’Option Découverte Professionnelle.

 *Ouvroir: période où l’on apprend la coûture.

 *Trousseau: vêtements et linge qu’apporte une jeune fille qui se marie.

 B) Une Piqueuse

Mme Luro faisait un métier réservé aux femmes dans l’entreprise, celui de piqueuse, métier qui demandait beaucoup de précision et d’attention. Ce métier consistait à coudre différentes pièces de cuir qui constituaient la chaussure, sur une tige. « C’était un métier très manuel », nous a dit Mme Luro.  « Les opérations se faisaient avec des outils simples comme un petit marteau pour écraser les morceaux de cuir et une machine à coudre pour les assembler. »

 « Nous étions assises mais cela ne veut pas dire que le métier de piqueuse n’était pas fatiguant ! »

Il y avait d’autres métiers en particulier les coupeurs : ceux qui coupaient les cuirs. C’était beaucoup plus pénible et physique, donc ce travail était pratiqué par les hommes en général …

  C) Des conditions de travail :

Elle faisait partie d’une équipe de 20 ouvrières dirigées par une contre-maîtresse, qui rendait des comptes au patron et distribuait les tâches.

Les conditions de travail n’étaient pas toujours faciles. Les locaux n’étaient pas chauffés, il faisait très froid, aussi les ouvrières se munissaient d’un cache-nez en hiver. En revanche en été, les ouvrières pouvaient ouvrir les fenêtres, s’il faisait trop chaud.

Les femmes de l’entreprise, en particulier les piqueuses, s’entendaient très bien. Les plus âgées aidaient les plus jeunes et vis-versa. Aussi les piqueuses prenaient leur temps pour fabriquer un bon produit, donc elles n’étaient pas stressées : « L’usine d’hier n’était pas l’usine de maintenant » reconnaît-elle.

Le salaire des ouvrières était calculé en fonction de la pénibilité du travail. Mais elles étaient quand même moins bien payées que d’autres ouvrières faisant le même métier dans une autre entreprise. C’est pourquoi, en 1950, il y eut une grève. Les ouvriers arrêtèrent la production et défilèrent pacifiquement pour obtenir une augmentation de salaire. La grève fut payante car le patron décida alors de payer légèrement mieux ses employés.

A midi ou le soir, à la sortie du travail, les ouvriers rejoignaient l’Association de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne( A . J. O. C ). Ils se rassemblaient donc pour discuter, manger, danser, raconter des anecdotes sur l’entreprise…etc. Au son de la sirène, les employés retournaient au travail…

 Conclusion:

 Mme Luro a été piqueuse pendant 7 années dans deux entreprises : Larre ( 2 ans ) puis Madre ( 5 ans ).

A 23 ans elle se marie et elle quitte l’entreprise de chaussures pour aider son mari dans le domaine du commerce.

 De Courtois Marine, Aletti Arnaud et Garat Marine. 

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