Les progrès que nous avons vu arriver

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Au cours de notre vie, nous avons connu beaucoup de transformations, et dans bien des domaines.

Dans la vie à la maison, tout d’abord. Bien sûr, dans notre enfance l’électricité existait, mais toutes les maisons, et surtout les fermes éloignées, n’étaient pas reliées. Alors on s’éclairait avec des bougies, des lampes à pétrole ou à alcool.

Pour cuire la nourriture, il y avait encore la cheminée et la marmite. Mais les gens utilisaient surtout la cuisinière à bois. Pour l’alimenter en bois, on soulevait, avec un crochet spécial, une plaque ronde sur le dessus ; on pouvait aussi introduire le bois par la façade. Quand le feu était allumé à l’intérieur, le dessus de la cuisinière, qui était plat, était brûlant : on y posait les casseroles bouilloires ou poêles, ainsi que les fers à repasser.

Sur un côté, un réservoir d’eau permettait d’avoir toujours de l’eau chaude. De l’autre côté, il y avait une grille que l’on pouvait rabattre sur le dessus de la cuisinière pour griller du pain, par exemple.

Dans le bas de la cuisinière se trouvait un compartiment tiède qui permettait de garder les plats au chaud. Ce meuble faisait aussi office de « radiateur », plus apprécié l’hiver que l’été, et les enfants devaient se méfier de ne pas poser les mains dessus. Puis nous avons vu arriver les cuisinières à gaz, plus légères, plus propres et moins dangereuses.

Avant que les réfrigérateurs ne soient présents dans tous les foyers (années 60) on conservait les aliments périssables dans le garde-manger.

Ce meuble de petite taille était recouvert d’un grillage le plus fin possible : tout en permettant l’aération des aliments, cela les protégeait des souris et autres rongeurs.

L’hiver, avec une poignée ou un crochet, on suspendait le garde-manger à l’extérieur.

Après la guerre, progressivement, tout le monde a eu l’eau courante à la maison. Mais avant, il fallait aller chercher l’eau soit au puit si on en avait un, soit à la rivière, et c’était parfois loin. Dans ces conditions, vous pensez bien qu’on faisait attention à ne pas gaspiller l’eau. Pour la toilette, on se débarbouillait tous les jours à l’aide d’une bassine, et une fois par semaine nous avions droit au bain ou à la douche. « Chez nous, nous avions un système de bassine suspendue avec une chaine pour faire couler l’eau » se souvient Marthe.

Pour la lessive, il y avait encore les lavoirs, à la rivière. Mais de plus en plus, les gens étaient équipés de lessiveuses. On la posait sur le feu, une colonne, à l’intérieur, faisait remonter l’eau bouillante jusqu’à un pommeau qui la renvoyait sur le linge et ainsi de suite.

On achetait du savon de Marseille, ou on le fabriquait : pour cela il fallait mélanger de la graisse animale (à la campagne tout le monde en avait), de la résine et de la soude caustique.

L’arrivée de la machine à laver électrique a été un grand progrès.

Transports. Quand nous étions petits, la plupart d’entre nous allions à l’école à pied, et certains

avaient la chance d’y être amenés avec une carriole tirée par un cheval. Après la guerre l’usage de la bicyclette s’est beaucoup répandu, beaucoup de gens se déplaçaient en vélo, pour aller travailler à l’usine par exemple.

Si on voulait aller plus loin, en économisant, on pouvait acheter une moto Motobécane ou un Vélosolex. A cette époque, seuls les notables (docteur, notaire etc…) avaient une automobile.

Il y avait bien sûr des camions pour le transport des marchandises ou des matériaux et l’autobus pour aller à Bayonne.

Heureusement, le prix des voitures a baissé par la suite. « Ma première voiture c’était une deux-chevaux fourgonnette, qu’est-ce que c’était pratique ! » se rappelle Jean-Baptiste.

Pour ceux qui habitaient à la ferme, l’arrivée des premiers tracteurs et la mécanisation de nombreux travaux agricoles dans les années 50, fut une véritable révolution. Plus besoin de passer des heures à atteler les bœufs, il suffisait de monter sur l’engin et de démarrer pour tirer charrue, herse, moissonneuse ou charrette. Mais attention, il fallait payer le gasoil… Et la machine à traire, quel gain de temps… Et quand on pense qu’aujourd’hui un type tout seul peut ramasser le foin et mettre en bottes dans la journée, là où autrefois famille et voisins travaillaient plusieurs jours…

Après la guerre, on a eu la radio, d’abord la TSF, puis les transistors, dans les années 60.

La télévision, c’est arrivé plus tard. « Chez nous il y avait un poste de télévision, alors on se réunissait avec les voisins pour la regarder », se souvient Yvonne. Au début, c’était que du noir et blanc et il n’y avait qu’une chaine !

Le téléphone, au début, il fallait aller au bureau des Postes, Téléphones et Télécommunications. Vous demandiez un numéro à la postière et elle vous passait la communication dans une cabine téléphonique. Peu à peu, dans les années 60, on a pu commander aux PTT des téléphones pour la maison.

Il fallait bien sûr attendre quelques mois, mais quand on l’avait, quel progrès ! Là aussi, celui qui l’avait le prêtait volontiers au voisin qui en avait besoin. Mais il fallait vraiment une urgence, on ne téléphonait pas pour rien à l’époque ! « Je me rappelle que, même si je pouvais lui téléphoner, je préférais passer voir le voisin pour blaguer, au moins on pouvait boire un coup ! » se souvient Jean-Baptiste.

Pour acheter la nourriture qu’on ne produisait pas nous-mêmes, on allait bien sûr au marché. Mais il y avait aussi une épicerie qui vendait de tout. Du riz, du sucre mais aussi des bottes, des clous, des outils… Et s’ils n’avaient pas ce qu’il vous fallait, ils vous le commandaient ! Plus tard, on a eu la camionnette du boucher ou celle de l’épicier qui faisaient la tournée dans les quartiers, elles arrivaient toujours le même jour, à la même heure, se garaient au même endroit, et klaxonnaient pour avertir qu’elles étaient là !…

Quand on pense qu’on a connu la charrette tirée par un cheval et que maintenant les gens se parlent et se voient avec des tablettes… Vous croyez que nos petits-enfants connaîtront autant de changements ?

Marthe, Jean-Baptiste, Yvonne, Madeleine, Catherine, Françoise, Robert et Mayie
EHPAD Larrazkena – Hasparren

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