Les métiers féminins

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Comme nous l’avons précisé au début de ce chapitre, les femmes ont, durant cette période, changé leur position sociale en obtenant progressivement l’accès à tous les métiers.

Nous évoquerons ici les travaux spécifiques qui leur étaient dévolus, tous touchant à l’entretien de la maison et du ménage (cuisinières, repasseuses, tricoteuses, lavandières, etc.). Mais la qualité de leurs travaux apporta à nombre d’entre elles une petite renommée locale dont elles tiraient (et tirent encore aujourd’hui) une très grande fierté.

Parmi les métiers les plus connus à Mouguerre, nous comptons :

La repasseuse

La maîtresse de maison repasse peu, avec le fer chauffé au feu et bien essuyé, seulement les chemises blanches des hommes, les taies d’oreillers, les serviettes de table destinées aux jours de réception et les mouchoirs.

Dans les maisons bourgeoises, il y a souvent parmi le personnel, une femme qui vient repasser l’après-midi sur la table de la lingerie protégée par une grosse couverture recouverte d’un drap de lin blanc. Elle utilise deux bols (le premier pour l’eau, l’autre pour l’amidon). Les fers, munis de poignées matelassées et épaisses, chauffent sur « la cloche » (petit poêle à charbon sur pied de forme hexagonale) placés sur la cheminée et permettant le chauffage de 5 à 6 fers simultanément. Le linge était ramassé encore humide mais les femmes le remouillaient, puis le roulaient avant de le déposer sur le coin de la table à repasser.

Les repasseuses faisaient le linge de table, les draps mais le travail le plus difficile était les chemises des hommes. Pour les cols durs elles utilisaient un fer spécial, arrondi au bout qu’elles utilisaient verticalement. Les devants de chemises et les poignées étaient amidonnés très durs. Parfois les cols étaient repassés à part car ils s’attachaient à la chemise avec des petits boutons de col.

Le travail de la repasseuse peut paraître un métier sans grande qualification mais les tissus d’autrefois n’avaient pas les mêmes caractéristiques que ceux d’aujourd’hui. La grande fierté de la maîtresse de maison était de pouvoir ouvrir une armoire parfaitement rangée, garnie d’un linge impeccable. Là encore, comme dans bien des métiers, la notion de travail bien fait, proche de la perfection, est primordiale.

 

La couturière

Elle se loue à la journée et se déplace de maison en maison pour raccommoder ou retoucher des vêtements.

La formation aux travaux féminins

À l’issue de leur scolarité au Cours Élémentaire seconde année, les jeunes adolescentes non retenues pour continuer leurs études dans un collège ou un lycée, passaient leur Certificat d’Études Primaires puis suivaient une formation spécifique de 2 années dans une école dite d’Arts Ménagers, où elles apprenaient les tâches dévolues à une épouse dans la famille. Elles bénéficiaient alors de cours sur la cuisine, le repassage, la couture, voire la gestion du budget familial.

Les jeunes filles de Mouguerre suivaient cette formation soit auprès des religieuses, soit au collège Lachepaillet de Bayonne.

Parmi les formations dispensées, avec obtention d’un Certificat d’Aptitude Professionnelle (CAP) on trouvait les repasseuses, les couturières, les dentellières, les culottières.

La formation de Culottière
(témoignage de Mme Paulette Etchegoin)

En 1955, mon Certificat d’Études Primaires réussi, avec plusieurs amies de Mouguerre, je poursuis ma scolarité au Centre Lachepaillet à Bayonne afin de préparer un CAP. Au programme, en plus des cours traditionnels (maths, français, etc.) nous apprenons la cuisine, la couture et la puériculture.

En première année, j’apprends à faire un ourlet, à des boutonnières, à rapiécer un vêtement usé. Je découvre même le fonctionnement d’une machine à coudre électrique, une nouveauté pour moi puisque ma mère ne possédait qu’une machine mécanique à volant.

En seconde année j’ai dû choisir une spécialité : ce fut celle de culottière, plus par sympathie pour la prof que par goût. Mais j’ai alors découvert un travail que j’ai vraiment aimé. Utiliser tout son savoir pour réaliser un « beau pantalon » (machine pour les jambes et le fond, puis finitions à la main), travailler rapidement certes mais minutieusement. Quelle fierté j’ai ressentie quand, aux fêtes de Bayonne, j’ai porté, avec un tricot marin, le pantalon bleu que je m’étais moi-même cousu.

Pour l’examen final, en 3 e année, j’ai dû réaliser en 16 heures un pantalon bas avec revers, poches latérales et poche révolver. Puis il a fallu passer les épreuves de maths, français et histoire-géo. J’ai obtenu le CAP avec mention. La directrice de Lachepaillet conseilla à mes parents de m’envoyer continuer mes études à Toulouse pendant deux ans pour devenir professeur de couture mais pour une file, à cette époque, ce n’était que rarement faisable.

 

C.A.P. de Paulette ETCHEGOIN

Extrait du Guide Patrimonial, édité par l’association Mouguerre Patrimoine et Culture

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Un commentaire Ajoutez le votre

  1. KORZIN dit :

    En région bordelaise la repasseuse avait parfois le certificat de « lisseuse » et certains fers ressemblaient au babyliss ou fer à friser, à deux poignées pour les chemises à jabot par exemple. Les deux parties du fer étaient différentes, l’une droite, l’autre incurvée sur la partie droite, pour « mouler » le bouffant du jabot…
    On préparait le linge la veille, humidifié et roulé, pour faciliter le passage du fer et éviter les plis. La table dédiée était recouverte d’un molleton épais, lui même recouvert d’un drap de finette ou de coton. Le plateau offrait plus de place que les tables actuelles. Il y avait aussi la « jeannette » , planche habillée idem sur pied, où on enfilait les manches ou posait les cols afin de ne pas faire de mauvais plis.

    Couturière et repasseuse travaillaient chez elles et à domicile chez des clients équipés de machines à pédale Singer ou Nova.

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