Les métiers du transport

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Le transport de personnes comme de marchandises, se faisait essentiellement par voie terrestre ou fluviale, le chemin de fer ne possédant pas de gare sur la commune de Mouguerre.

Dans la première moitié du XXe siècle, le transport terrestre fut principalement assuré par les attelages à traction animale (carrioles et chevaux pour les personnes, et les petites marchandises, charrettes et bœufs pour les marchandises plus lourdes).

Les bouviers avec leur attelage de bœufs transportaient les matières premières de leur lieu d’extraction jusqu’à Bayonne. Ainsi ils récupéraient les pierres des carrières d’Urcuit puis de Guiche pour les amener jusqu’aux chantiers bayonnais, ou bien le sel des salines de Briscous pour le livrer au port de Bayonne où un bateau attendait.

Accessoirement ils effectuaient des transports au profit des Mouguertars comme une livraison plus importante de lait ou le transport de mobilier pour un déménagement.

Sur la commune de Mouguerre, bouvier était rarement un travail à plein temps. Ceux qui le pratiquaient était généralement agriculteurs (propriétaires ou métayers) et de ce fait propriétaires de bœufs. Jean Courtade, qui a pratiqué ce métier dès l’âge de 11 ans, nous apporte un précieux témoignage sur ses compagnons de travail dans les années 1930-1940 ainsi que sur la vie du quartier du Port à cette même époque.


« Des chalutiers venaient de Bretagne chercher ce sel pour la salaison de la morue. Ils avaient bien chez eux du sel marin qui contient plus de sodium, qui soi-disant brûle la peau de la morue. Mon grand-père, puis mon père, avaient le monopole du transport dont s’occupait le Comptoir de vente des Sels de Bayonne (villa « Biahispa »). À partir du mois d’avril, ces bateaux venaient une à deux fois par mois. Dès que ces bateaux étaient à quai, il fallait rassembler de dix à douze bouviers. Prévenir les bouviers fut mon premier travail (disons le téléphone en vélo). J’étais jeune ; on me fit quitter l’école à onze ans, entendu avec l’institutrice, Mme Bonnefond, que je retournerai en classe à la rentrée suivante. Et ce ne fut pas facile.

Donc le lendemain debout à 5 heures. Départ avec les attelages. Le premier voyage chargé par les bouviers eux-mêmes (28 tonnes). Souvent un blanc limonade chez Laplace pour prendre des forces. Déchargement sur les quais, face à la mairie actuelle qui à l’époque était la sous-préfecture. Pour huit heures nous étions près de la Nautique où, sur un terrain vague en bordure de l’Adour, nous arrêtions nos attelages avec la bourrasse de foin. Un boulanger, M. Barrucq où nous achetions du pain frais. Le casse-croûte chez Lassègue (épicerie bistrot). Retour aux Salines et deuxième voyage rendu sur les quais pour midi. Retour chez Lassègue pour le repas de midi. Ensuite troisième voyage dans l’après-midi et retour à la maison. En passant chez Laplace les bouviers avaient encore soif, et là, j’ai souffert à les attendre près des chars. Le lendemain suivant l’heure de départ du bateau et ce qu’il restait à transporter, trois ou quatre bouviers suffisaient. Le chargement total, dans les cent dix tonnes.

Le terrain où se trouve la station E.D.F. qui était avant la Société Hydroélectrique des Basses-Pyrénées, était un champ de maïs dont le niveau du sol était plus bas que celui de l’Adour. Il fallut donc le remblayer et le remblai vient en partie du moins de la carrière de M. Aguer. Le transport fut bien sûr assuré par des chars à bœufs et le chargement (mécanique) fait à la pelle et à la pioche. Un des bouviers, M. Olhagaray, aimait l’après-midi s’arrêter chez Bigot pour prendre (Doutia) un thé. Naturellement mon père l’accompagnait. »

 

Extrait du Guide Patrimonial, édité par l’association Mouguerre Patrimoine et Culture

 

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