Les boutons de corozo

Je suis une enfant de la campagne, d’un petit village béarnais où mon père était berger.

Malgré notre condition modeste, il souhaitait que ses enfants soient instruits, c’est pourquoi j’ai été envoyée faire des études de sténo-dactylo (le premier nom des secrétaires) en 1928 ou 1929, à l’institut Pigier de Bordeaux.

A 16 ans , je me suis retrouvée seule dans cette grande ville, j’y étais perdue et nostalgique de ma campagne béarnaise, mais j’étais une élève sérieuse, j’ai réussi mes examens et obtenu mon diplôme de sténo-dactylo.

Je suis rentrée « au pays » , et j’ai mis mes nouvelles compétences de secrétaire au service d’une entreprise de Montaut Bétharram, chez Lartigau.

Cette entreprise fabriquait des boutons et des rosaires (des chapelets à gros grains) à partir du corozo. Le corozo est parfois appelé « Ivoire Végétal », il s’agit d’un produit naturel qui provient du noyau très dur d’un fruit exotique. Le corozo était importé du Brésil et arrivait par bateau jusqu’à Bordeaux , d’où il était acheminé à Lourdes.

Voici une image de ce qu’est la graine de corozo, qui ressemble à de l’ivoire.

corozo

 J’ai toujours conservé une boite de boutons de corozo de ma première expérience de travail , en voici une photo

dsc00351

 ainsi qu’une photo de moi-même sur l’escalier qui menait à mon bureau.
J’ai travaillé dans cette entreprise de boutons jusqu’à mon mariage en 1939.

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