L’église

31Le curé qui logeait au presbytère desservait Estialescq et le Faget. Il portait comme tous les abbés la soutane noire. Il avait la tonsure représentant une hostie sur l’arrière du cuir chevelu. Il était très respecté et même craint par les enfants.

L’église du bas du FAGET de la chapelle n’existait pas. L’église du haut du FAGET (la chapelle) était très difficile d’accès par un chemin très pentu aux cailloux proéminents. La plupart des services, hormis les enterrements et quelques mariages, avait donc lieu à Estialescq. Dans ce cas, c’était les paroissiens qui se déplaçaient.

Tous les services religieux étaient en latin.

Il y avait une messe à Estialescq tous les matins. En ce temps là, on célébrait beaucoup de messes pour le repos des défunts.

 

Le dimanche :

8 heures : messe basse, surtout suivie par les ménagères avant qu’elles aillent préparer le repas.

10 heures : messe au Faget.

11 heures 30 : messe chantée à Estialescq.

15 heures : vêpres à Estialescq.

A la sortie de la messe de 11h30, le crieur public lisait les informations  municipales

Après son tonitruant : « AVISS A LA POPULATION »

Participait aux cérémonies religieuses : le CHANTRE. C’était un homme, un laïc, à la voix impressionnante qui siégeait en haut, sur la tribune. Il donnait la réplique en latin aux chants du prêtre.

Les femmes assistaient à la messe au rez-de-chaussée, sur des chaises basses (prie-dieu) qui leur appartenaient et étaient marquées de leurs initiales. Les emplacements étaient  déterminés et, à leur aspect, l’on pouvait  parfois juger du niveau social de l’intéressée.

Elles passaient une bonne partie de la messe à genoux, la tête couverte d’un chapeau ou d’une mantille, contrairement aux hommes tête nue. Les hommes, eux, devaient monter à la tribune, le bas étant réservé aux femmes et aux enfants.

 

La messe des Rameaux

32Au début de l’office, procession autour du bourg avec la croix et les rameaux de laurier. Retour à l’église, la porte était fermée. Alors, le prêtre tapait sur le portail avec le pied de la croix et demandait en chantant que l’on ouvre. Le chantre enfermé à l’intérieur répondait également en chantant et ouvrait la porte. Tout le monde rentrait.

On faisait bénir des quantités importantes de laurier que l’on brûlait dans la cheminée, par petits brins pour protéger du malheur, notamment en cas d’orage, de foudre, de grêle…

 

La Bénédiction des maisons.

Pendant la semaine sainte, le curé allait bénir les maisons. Il en repartait avec une douzaine d’œufs par maison. Les enfants de chœur les portaient dans un grand panier à volailles. Il en laissait quelques uns aux familles pauvres pour l’omelette pascale et il vendait le reste.

 

Les Rogations

Pendant 3 jours, le curé les enfants et quelques fidèles allaient, en procession, dans les différents quartiers du village, en chantant des litanies et en récitant des prières pour la bénédiction des récoltes.

 

La Fête-Dieu

Sur un tapis de pétales de roses, en procession avec les fidèles, le prêtre, installé sous le dais porté par 4 hommes et tenant le Saint Sacrement, allait jusqu’à la croix, chez PUYOULET, puis revenait par le même chemin à l’église pour la messe.

 

Les enterrements

Pratiquement, tout le monde mourait à la maison. Même les gens hospitalisés étaient renvoyés chez eux avant l’issue fatale. En général, le curé venait donner l’extrême-onction au mourant. On ne s’adressait pas aux pompes funèbres, c’était une affaire de voisins.

33Les voisins s’occupaient de toutes les démarches : prévenir le Maire, le curé, le menuisier pour le cercueil, le fossoyeur (on était enterré à même la terre), le sonneur de cloche pour le glas qui était sonné après l’Angélus, trois fois par jour. C’est ce qui permettait aux habitants d’être informés ; Dans la sonnerie, il y avait une différence selon que c’était un homme ou une femme. Ils allaient prévenir la famille, il n’y avait pas d’autre moyen de communication rapide. Ils aidaient aussi à soigner les bêtes, à faire les repas ; ils s’étaient intégrés à la famille.

En ce temps là, on veillait les morts. Famille et voisins se relayaient nuit et jour. Le corbillard noir était remisé dans un garage, derrière l’église. C’était une petite charrette à bras, avec quatre roues, munie d’une impériale. Tirée par deux hommes, elle était destinée à transporter le cercueil.

Les amis venaient à la maison bénir le cercueil avec le laurier et l’eau bénite, dire une prière et présenter les condoléances à la famille.

Arrivait le curé pour la levée du corps : le cercueil était placé sur le corbillard, que l’on recouvrait d’un suaire noir, avec un pompon blanc à chaque angle, tenu par un homme de l’âge du mort. Puis le cortège partait à l’église. Devant, l’enfant de chœur portant la croix, ensuite venaient le curé et l’autre enfant de chœur, le corbillard, la famille, les amis.

A l’église, tous les ornements, le suaire, le prêtre, étaient revêtus de noir. Les femmes de la famille se cachaient le visage en rabattant leur mantille noire. Les hommes portaient un brassard ou un ruban noirs (que l’on gardait jusqu’à la fin du deuil) sur le revers du veston, alors que les femmes étaient vêtues de noir de la tête aux pieds. Pendant l’office, les chants en latin dont on ne comprenait pas les paroles, paraissaient lugubres, et faisaient davantage penser à l’enfer qu’au Ciel.

Il y avait très peu de fleurs naturelles, surtout des couronnes artificielles fabriquées avec du fil de fer très fin entièrement recouvert de minuscules perles colorées et qui représentaient des feuilles et des fleurs. Cependant, à la Toussaint, on portait de beaux pots de chrysanthèmes sur les tombes.

A la sortie du cimetière, les hommes d’un côté, les femmes de l’autre, dans l’ordre de parenté, s’alignaient pour recevoir les condoléances. C’était très pénible. Heureusement qu’aujourd’hui cela se fait sur des registres. La messe d’enterrement avait toujours lieu en fin de matinée pour permettre à la famille de faire l’aller et retour dans la journée. Les moyens de transport n’étaient pas rapides : la voiture à cheval, le vélo ou à pieds.

A midi, on servait une collation aux parents et aux voisins : un bouillon de vermicelles, de la viande bouillie ayant servi à faire le bouillon avec de la sauce tomate maison, du fromage et le café. On remarquera qu’il n’y avait ni viande rôtie ni digestif, considérés comme des produits de fête.

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