Le ravitaillement

En plus des péripéties liées aux combats, surtout lors des premiers engagements en tant que novices de la guerre, lorsque le salut n’était que dans la fuite, heureusement aidé en cela par des jambes de 20 ans, il y eut des moments tout autres.
Le ravitaillement était une priorité. Les maquisards avaient à leur disposition un petit pécule qui leur permettait de payer ce qu’ils demandaient, pour éviter ainsi d’aggraver leur réputation de « bandits et brigands » quand l’occupant se vengeait sur les autochtones des embuscades qu’ils leur faisaient subir.

Un jour donc, avec un de ses camarades, il avisa une brave fermière qui s’occupait de sa volaille. Ils lui demandèrent d’acheter une de ses poules. Celle-ci, vraisemblablement peu portée à céder à leur demande malgré la certitude d’un paiement, eut cette réponse remarquable, dans le savoureux patois local :

-« Mais, mes pauvres enfants, ça va vous faire la soupe trop grasse ! »

Jean Sarthou en riait encore, quarante après, en ajoutant : « Tu penses bien, à notre âge et dans notre situation, on aurait mangé la poule avec ses plumes ! »

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