Le développement des voies de communication

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Le réseau routier

Autrefois les villages étaient reliés par des chemins creux, étroits, en terre, peu empierrés. Leur utilisation était difficile une bonne partie de l’année à cause des zones boueuses.

Mouguerre-Bourg était traversé essentiellement par l’axe Briscous – Bayonne (GR 8), le quartier du Port par la route longeant la voie ferrée, le quartier Elizaberry par le chemin reliant le Belvédère à Hasparren.

Nos aïeuls étaient de grands marcheurs qui pouvaient faire sans rechigner 10 ou 15 kilomètres aller-retour pour aller à l’école, au marché, à la messe ou tout simplement dans leurs champs. Outre la population locale qui utilisait les chemins pour se rendre à la messe dominicale ou sur les lieux de foire et de marché, il existait un va-et-vient de mendiants, de colporteurs, d’artisans et de journaliers en quête d’embauche, sans oublier les meuniers et leurs aides.

L’entretien des chemins incombait au responsable de la paroisse mais celui-ci reportait facilement cette charge sur les propriétaires des terrains jouxtant les voies de communication ; finalement personne n’intervenait. Quand les charretiers trouvaient un passage impraticable, ils faisaient un détour sur les terres voisines, le propriétaire subissant cette entorse de peur de se voir imposer l’entretien du chemin.

Le réseau routier vicinal s’est amélioré à partir du XIXe siècle. Pour améliorer les chemins, on fit essentiellement appel aux paysans dont les prestations étaient rémunérées (initialement en argent comptant, puis sous forme d’acquittement de journées de prestations incluses dans l’impôt). Ces prestations étaient généralement réalisées durant l’hiver sous la conduite d’un cantonnier.

Durant l’Entre-deux-guerres on vit apparaître la profession de « casseur de cailloux ».

Tombereau

Pour transporter des matériels, ils utilisaient des charrettes tractées par leurs animaux (bœufs ou vaches) connues sous le nom de tombereaux. Les chevaux de ferme remplacent peu à peu les bovins et les charrettes deviennent plus rapides pour des transports légers ; on en trouve de deux modèles :

  • les carrioles avec bandages métalliques, faisant beaucoup de bruit en roulant sur les chemins empierrés ; sobres et sans fioritures, équipées de bancs en bois, elles étaient utilisées par les familles les moins aisées ;
  • les carrioles avec bandages caoutchoutés, en bois verni, équipées de suspensions, qu’on appelait « charrettes anglaises » ; leurs bancs étaient recouverts de moleskine et elles possédaient une capote ; elles appartenaient à des familles cossues, et on pouvait les voir à l’occasion de la messe dominicale, parfaitement astiquées, attelées à un cheval pansé et bichonné, lui-même attaché par un anneau au mur de l’église.

La bicyclette fait son apparition au début du siècle mais le relief accidenté du village limite son utilisation. Ce mode de locomotion est principalement utilisé par les hommes et les prêtres pour visiter leurs ouailles.

 CitroënB12a

Citroen B12

Les premières voitures à Mouguerre datent de la fin de la 1ere Guerre Mondiale. Apanages des notables jusqu’aux années 1950, elles deviennent un moyen indispensable aux médecins et aux vétérinaires pour se déplacer chez leurs patients. Dans le même temps les tracteurs remplacent les chevaux.

Après les années 1950, l’emploi de la voiture se généralise ; les voitures à traction animale sont reléguées dans les granges et le déplacement à pied devient plus exceptionnel.

La première conséquence est la réduction de la notion des distances. Dorénavant on se déplace plus facilement jusqu’à la commune voisine pour y faire ses courses ; Bayonne devient un lieu de destination ordinaire.

On trouvait trois postes à essences (Magné, Martin et Lesburguères) dans le quartier du Port et un au Bourg (Mikosteguy). Il s’agissait de pompes modèle Japy avec un bocal de 2,5 litres ressemblant au modèle de la photo ci-contre.

Un brin d’histoire : La route des Cimes

Ce fut, au début de notre ère, une voie romaine secondaire qui, passant par les hauteurs de Elorrimendi, les landes d’Hasparren, Mendionde et Irissarry, reliait Lapurdum à la grande voie de Bordeaux à Astorga qu’elle rejoignait près de Saint-Jean-le-Vieux au lieu appelé encore Galzetz Buru (bout de la chaussée). Cette voie romaine fut, à partir de 1100, un chemin emprunté par les pèlerins de Saint-Jacques.

Sous le Premier Empire la Route des Cimes, devenue Route Impériale départementale n° 1, vit souvent sur ses pentes raides les armées napoléoniennes rejoindre l’Espagne. De cette époque datent les bornes graduées en toises qui jalonnaient cette route et dont plusieurs spécimens subsistent en ses abords plus ou moins immédiats et au Musée Basque.

En 1816, la route des Cimes devint route départementale n° 1, puis route royale, à nouveau route impériale n° 132 en 1853, route départementale n° 132 en 1873, et aujourd’hui route départementale n° 22. Quelle que soit son appellation, elle fut au long des siècles une voie d’intense passage s’écoulant par Saint-Pierre-d’Irube.

Le réseau ferroviaire

La voie ferrée Toulouse – Bayonne commencée en 1857 et inaugurée en 1866 passait à travers les terrains communaux du Port et de la zone des Barthes. Elle traversait le chemin de la Barthe et les ruisseaux dits de Lesté et d’Oyhenard. La commune avait cédé à l’administration une superficie de 30 ares 94 qui furent estimés à 40 francs l’are.

Quelques années plus tard le conseil municipal sous la direction de M. Saint-Germain contesta ce tarif et demanda en contrepartie des terrains cédés la création d’une gare sur son territoire mais cette demande resta sans effet.

Les habitants de Mouguerre pouvaient prendre le train en direction de Pau soit à la gare du quartier du Gaz, soit à Lahonce.

La voie ferrée a eu des conséquences positives sur l’activité de Mouguerre ; elle est à l’origine de constructions nouvelles dans les quartiers du Port et des Barthes comme les chalets Larrondo, Caracar, Doyhenard, Harriague, la maison Bayonesa et l’auberge Lamigeon ; elle amena aussi une population à l’activité liée au domaine ferroviaire : ouvriers des chemins de fer, cantonniers, aiguilleurs, treillageurs, souvent originaires des Landes, du Béarn ou de la Gironde.

  Extrait du Guide Patrimonial, édité par l’association Mouguerre Patrimoine et Culture

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Un commentaire Ajoutez le votre

  1. Ptxo dit :

    Témoignage très intéressant 🙂
    D’où provenaient les cailloux, des « casseurs de cailloux » ?

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