La vigne – le vin et ses dérivés

Le coteau Nord avec exposition Sud faisait partie du terroir de l’AOC Jurançon. L’orientation Sud- Sud- ouest est la meilleure. C’est l’après-midi et le soir que la chaleur du soleil est la plus intense.

26En ces temps anciens, tout le monde faisait son vin ; peu importait l’exposition ; Ceux qui n’avaient que de très petites surfaces plantaient les pieds dispersés pour en augmenter le nombre et ainsi leur production. Ces ceps étaient très hauts. Il fallait monter sur un chevalet pour tailler et lier avec des brins d’osier sur des barres de noisetier horizontales surmontées de rameaux de bois pour l’accrochage des sarments. Cette hauteur permettait aussi de planter au-dessous des légumes et notamment des pommes de terre. La variété de la vigne était le « Baco » qui n’avait pas besoin de traitements.

Pour les surfaces plus importantes, la plantation se faisait en ligne avec des piquets d’acacia ou de châtaignier et trois fils de  fer pour soutenir les sarments.

Après la taille et le liage, la vigne était labourée en déchaussant les pieds avec une charrue appelée vigneronne, munie d’une barre de fer horizontale à crémaillère, ce qui permettait d’approcher des pieds, tout en laissant l’attelage au milieu.

Ensuite on devait décavaillonner avec un trident. Au mois de Mai, on labourait à nouveau la vigne, mais cette fois en chaussant.

On peut voir pas mal d’outils anciens dont une vigneronne, dans la maison du Patrimoine, à côté de la tour de Grède à Oloron.

 

Les traitements contre les maladies

On sulfatait la vigne avec du sulfate de cuivre mélangé à de la chaux, ce qui rendait les vignobles tout bleus.  On projetait aussi du soufre en poudre à l’aide d’un appareil à soufflets, appelé soufreuse.

Bien plus tard est arrivé le soufre mouillable pouvant être mélangé à la bouillie de sulfate de cuivre. C’est un progrès qui facilite le travail.

Ces traitements de sulfatage et soufrage devaient être renouvelés tous les quinze jours.

 

Les cépages rouges :

Le COURBU  – à petits grains, c’était la variété la plus ancienne.

Le BACO – à petits grains. Petit vin léger au goût particulier mais très agréable. Il avait l’immense avantage de ne pas nécessiter de traitements.

Le TANNAT – à gros grains. Cépage majoritaire dans le Madiran. Très chargé en tannin, il a le goût un peu âpre, mais c’est un vin corsé.

 

Les  cépages blancs :

– Le PETIT MANSENG : très bon vin.

– Le GROS MANSENG : bon vin.

Aujourd’hui, ce sont ces variétés qui donnent le Jurançon.

D’autres variétés, en quantité négligeable, dont les raisins étaient mélangés au Manseng : Rafia, Claverie, sauternes…

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Le vin

Les vendanges avaient lieu en septembre/octobre.

Le pressoir en béton comportant en son centre une grosse vis sans fin munie d‘un système de serrage à cliquets, était situé généralement dans un angle de grange. Le raisin était amené dans le pressoir où une ou deux personnes le foulaient, pieds nus. Puis on le laissait macérer 48 heures pour que ce jus s’imprègne du tanin et de la couleur, uniquement pour le vin rouge. Passé ce délai, on récupérait cette première cuvée que l’on mettait dans une barrique. Pour le vin blanc, on appelle ça le BOURRET.

Les grappes restantes étaient ensuite entassées près de la vis sans fin et enserrées dans un cadre cylindrique, formé de douelles disjointes pour laisser passer le jus, et qui était composé de deux hémicycles que l’on fixait ensemble. Ensuite, on posait au dessus deux planches qui épousaient exactement la surface des grappes et on serrait à l’aide de la vis sans fin.

Puis on récupérait ce jus.

Certains qui n’avaient pas assez de boisson pour l’année ou qui voulaient vendre du vin pour avoir un peu d’argent, faisaient de la PIQUETTE. On faisait macérer le marc de raisin dans de l’eau et on répétait l’opération de vinification, comme précédemment. Certains y ajoutaient un peu de sucre pour la rendre un peu plus buvable. De toute façon, elle ne se conservait pas longtemps.

 

La préparation des barriques

On resserrait la barrique en faisant glisser uniformément les cercles de maintien. Ensuite, on la faisait tremper en la remplissant d’eau pour que les douelles gonflent et assurent une étanchéité parfaite. On la rinçait, puis on la soufrait en faisant brûler une mèche soufrée à l’intérieur.

Pour une bonne vinification il fallait faire plusieurs soutirages dans l’année. On transvasait le vin dans une nouvelle barrique préparée comme ci-dessus et on récupérait la lie dans un tonnelet.

On rinçait plusieurs fois le tonneau vidé et on le soufrait pour le conserver en bon état. On utilisait pendant plusieurs années les mêmes barriques contrairement aux grands crus. Les stocks en hectolitres devaient être déclarés en Mairie chaque année.

 

Les pièges à grives « cédades »

Les titulaires du permis de chasse avaient le droit de mettre des pièges dans les vignes.

Le piège était fabriqué avec une branche d’osier incurvée et deux crins de cheval, de façon à former un arc, la tension des crins étant obtenue par la rigidité de l’osier. Il était placé au niveau des grappes, de telle sorte que lorsque l’oiseau venait picorer le grain, son cou se trouvait enserré par les deux crins.


Les dérivés

 

La fabrication de l’eau de vie :

28C’était très règlementé. Tout d’abord, on devait aller au bureau de tabac se faire délivrer un CONGE mentionnant la quantité à brûler, le jour, l’heure, et s’acquitter d’une taxe.

On prenait la lie de vin récupérée dans le tonnelet à laquelle on ajoutait parfois un peu de vin, et les bûches pour le chauffage.

Le bouilleur de cru était un paysan ariégeois qui pendant la morte saison, partait en tournée avec son alambic fabriquer de l’eau de vie ; à l’exception du foyer, tout l’alambic était en cuivre.

La lie était versée dans une cuve placée au dessus du foyer. On chauffait. L’alcool s’évapore à 78°C. Ce sont donc les premiers gaz à arriver dans le serpentin en cuivre pour se condenser et couler dans un seau gradué.

C’est de l’alcool pur. Pour obtenir la teneur autorisée : 50 % d’alcool, il faut attendre l’arrivée de l’eau qui ne bout qu’à 100°C. Lorsque la valeur, mesurée avec un alcoomètre est abaissée à 50%, on ferme le robinet.

La qualité et la quantité d’eau de vie pouvaient être contrôlées par le Service des Douanes qui verbalisait en cas de non-conformité.

 

La liqueur de noix

En juin, on faisait macérer des noix bien vertes dans de l’eau de vie pendant plusieurs jours, jusqu’à obtenir un liquide noirâtre que l’on filtrait.

On y ajoutait de l’eau et du sucre pour avoir une boisson d’environ 20 degrés. C’était le digestif des femmes.

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