L’église neuve

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Villefranque-les-Deux-Eglises, (comme Colombey) : le visiteur, jusqu’aux années 70, avait de quoi être étonné par la présence de part et d’autre du ruisselet Giritxino Erreka (le ruisseau des chrétiens) de deux églises. Deux clochers de style différent : l’un, nettement labourdin, du XVII° siècle, l’autre clocher, plus homogène, de style rétro-roman gothique en vogue vers 1900.

Pourquoi ces deux clochers ? Cette bizarrerie résultait de la volonté obstinée d’une célibataire, un peu bigote, et de son frère, Bernard Olhagaray.

Vers 1880, ce Bernard, dont la famille était originaire de Villefranque, quitte Ustaritz, fait fortune aux Amériques (on disait que c’était dans les mines d’or), et fait construire sur le plateau, alors peu habité, une maison : le Petit Bercail. Il laisse dans son testament 40 000 francs-or (soit 1 280 000 euros actuels) pour réparer la vieille église assez mal en point.

La sœur et héritière, Mlle Anaïs Olhagaray, rêve d’être enterrée dans une église, alors que depuis le Concordat (1801), les règlements l’interdisaient.

 

 

 

 

L’orphelinat, à gauche du fronton fut démoli en 1906 pour construire l’église
Remarquez le petit fronton de chez Vivier

Qu’à cela ne tienne, à force de donations pieuses et en détournant le testament fraternel, elle obtient des autorités le droit de construire une église dans son jardin.

Et ce n’est pas une petite chapelle : large portail, nef de quatre travées, transept, chœur et sacristie. Après sa construction, commencée en 1907 mais interrompue par la guerre de 1914-1918, elle peut être consacrée en église paroissiale en 1920.

Le problème : certes l’évêque d’alors, Mgr Gieure, a béni l’église, permis à Mlle Olhagaray et à quelques membres de sa famille d’y être enterrés (dans des tombes sous verre) mais les paroissiens de Villefranque ne l’ont jamais adoptée.

Lorsque la messe dominicale avait lieu dans la nouvelle église, le curé y trouvait bien quelques femmes et les enfants du catéchisme, mais les hommes se rendaient à l’ancienne église. Et celle-ci était l’objet d’attentions de la part des Monuments historiques (inscription en 1927).

Au fil des ans, la situation devint impossible. Lorsque le clocher commença à branler, vers 1950, la municipalité, considérant qu’il s’agissait d’un bâtiment privé, ne voulut pas prendre en charge les travaux. Délaissée, devenue dangereuse, elle fut désacralisée par Mgr Vincent et fermée. Elle fut vendue en 1968 avec la propriété et le premier soin de l’acquéreur fut de faire démolir cette église et de transférer au cimetière les restes de des personnes enterrées là.

Mlle Olhagaray rejoignait alors le sort commun des paroissiens de Villefranque.

Jakintza

Association Jakintza – Villefranque

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