Croix de rogations et stèles discoidales

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Croix de rogations (Christian Mailharrancin)

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Quartier-Bas – Berrogain – Amarouenia

Les croix sont essentiellement de tradition chrétienne. Beaucoup de croix ont été édifiées en commémoration d’évènements liturgiques rythmant la vie d’une communauté, les missions pastorales, les jubilés. Ces croix sont connues sous le nom de croix de rogations ou monumentales. Plusieurs fois par an, et en particulier durant les trois jours précédant l’Ascension, des processions se rendaient jusqu’à ces croix réparties un peu partout dans la commune afin de demander la bénédiction divine pour les récoltes et les animaux.

Curé en tête, la procession des paroissiens traversait le terroir de part en part, s’arrêtant aux croix pour bénir les prés et les champs. Chaque journée était consacrée, en principe, à la bénédiction d’un type particulier de culture : près, champs, vignes ou quelque autre culture secondaire. Le but était évidemment de garantir, par des prières adéquates, la prospérité de la communauté villageoise en immunisant ses diverses productions contre les attaques des forces obscures. C’est pourquoi il importait aux paysans de disposer des croix aux endroits stratégiques, certes au bord des chemins, mais donnant sur les près et les cultures.

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Croix du Quartier-Bas (Larraldia au fond) – Croix d’Irumendy – Croix de Doluzé

D’autres encore, au-delà de leur aspect religieux, pouvaient servir à définir et orienter l’espace (selon les points cardinaux) et ponctuent ainsi le carrefour ou la croisée des chemins. Ces croix sont appelées « croix de chemins ».

La croix glorieuse de Doluzé.

On rencontre dans notre village une haute croix, éclairée la nuit. Elle fait suite à des apparitions ayant eu lieu à Doluzé, en Normandie. En 1972, Madeleine Amont vit apparaître une grande croix dans le ciel et reçu sept messages du Christ. Les témoins la virent entrer en transes, parler latin qu’elle n’avait jamais appris et ne plus bégayer… Elle a consigné les paroles du Christ dans un cahier. Si l’Eglise n’a jamais validé le phénomène, elle a autorisé des célébrations dans l’église, car la grande foule des adeptes voulait construire une basilique sur le mont des apparitions. Le Christ a demandé de construire une croix de 738 m, la hauteur du Golgotha, mais devant l’impossibilité de la réaliser, il a été décidé de construire 100 croix de 7,38 m Depuis, ces croix ont proliféré, on en compte 3 en Pays basque.

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Les stèles discoïdales (Christian Mailharrancin)

Les stèles discoïdales font incontestablement partie intégrante de l’art funéraire basque Bien que l’on en trouve dans aussi d’autres régions ou pays, l’élaboration de ce type de monuments funéraires est probablement plus poussée dans notre région.

Les stèles sont composées d’un socle de forme généralement trapézoïdale, surmonté d’un disque. Les disques, et parfois les socles, sont sculptés avec des motifs variés, d’influences pré-chrétiennes (monde solaire) ou chrétiennes. La tradition était de placer ces stèles du côté de la tête du défunt, parfois orienté est-ouest (jeu d’ombre de la stèle sur la tombe) ou orienté ouest-est (afin que le défunt voie le jour se lever). Il est important de préciser que les cimetières antérieurs au XIXème siècle avaient une configuration différente des cimetières actuels.

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Stèle du Bas-Adour – Stèle classique – Stèles modernes

Avant la standardisation et l’usage des caveaux, les cimetières basques étaient des jardins, dans lesquels étaient disposées les stèles.

Aujourd’hui, on trouvera ces stèles dans les cimetières ou à proximité, souvent déplacées et accompagnées de stèles tabulaires très anciennes, ou de croix plus classiques.

A l’origine, les stèles ne portent pas le nom des défunts, sauf à partir du XVIème-XVIIème où la mode des épitaphes se développe. De même, les dates qu’elles arborent ne témoignent pas du décès du défunt, mais de la date de création de la stèle. Les « créateurs » des stèles, nommés « hargins » (maçons), étaient la plupart du temps des paysans qui perpétraient cette tradition de père en fils. Ils eurent une grande influence vers le XVIème-XVIIème siècle. Le village de Villefranque conserve de très beaux exemples de stèles de type labourdin, et plus particulièrement du style dit de « Bas Adour » (plus hautes, plus allongées). Ce type apparaît au début du XVIIème siècle et se retrouve dans différentes communes de St Pierre d’Irube à Bardos. Le nouveau cimetière paysager comporte quelques belles interprétations modernes de ces stèles.

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Association Jakintza – Villefranque

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